AU FIL DU TEMPS

 

Votre bébé grandit

 
Avantages du lait maternel

Aucun autre aliment n’est nécessaire les 6 premiers mois, et l’allaitement peut être poursuivi plus longtemps. Les bénéfices de l’allaitement durent toute la durée de votre allaitement et même au delà, et les dernières recherches scientifiques démontrent que plus longtemps le bébé est allaité, plus nombreux et plus importants sont ces bénéfices.

Ce qui est essentiel, c’est votre choix de femme quant à la durée de votre allaitement !

Beaucoup de mamans constatent qu'elles vivent une relation d'allaitement très agréable à partir de 2 ou 3 mois quand les incertitudes liées à la mise en place de l'allaitement sont résolues. Après 6 mois, on vit souvent les tétées au jour le jour sans se fixer d'échéances précises et l'allaitement évolue en fonction des demandes de l'enfant et du ressenti de la maman.

 

Votre bébé reçoit-il assez de lait ?

Une bonne indication pour répondre à cette question est de compter le nombre de couches mouillées et salies par jour : 5 à 6 couches mouillées (changes complets) ou 6 à 8 couches en tissu par jour, et 2 à 3 selles par jour. A partir de 6 semaines, les selles peuvent être plus espacées mais elles sont très volumineuses.

La prise de poids du bébé doit être au moins de 500g par mois au cours des 3 premiers mois.

D’autre part, il convient de considérer le déroulement de l’allaitement : le bébé tète t-il assez souvent et assez longtemps ? Le bébé est-il dans une bonne position pour téter ? Le bébé reçoit-il une sucette et/ou des compléments ?

 

Le lait est il toujours assez bon ?

Le « mauvais lait » n’existe pas !
La composition du lait se modifie avec l'âge de l'enfant et correspond tout à fait à ses besoins croissants, aucun autre aliment n’est nécessaire. Les 6 premiers mois. La composition du lait varie du début à la fin de la tétée, mais aussi d'une tétée à l'autre.

Chez des femmes généralement bien nourries, la composition moyenne du lait reste remarquablement stable.

L’allaitement peut être poursuivi jusqu’à 2 ans et au delà, (recommandations de l’OMS). Le lait maternel est, même quand le bébé « mange bien », un aliment de premier choix en terme de qualité nutritionnelle.

 

Rythme des tétées

La plupart des bébés tètent 8 à 12 fois par 24 H, dont au moins une fois la nuit. Certains bébés tètent beaucoup plus souvent. Le lait maternel est très digeste, relativement "pauvre" en calories, et nos bébés sont « programmés » pour téter souvent. Plus le bébé tète, plus sa maman fabrique du lait.

Il n'y pas de laps de temps déterminé à respecter entre les tétées. Cet intervalle peut varier selon les bébés, d’un moment à l’autre de la journée ou selon les jours, selon les saisons (les bébés tètent plus quand il fait chaud).

La durée des tétées varie beaucoup d'un enfant à l'autre : certains sont très efficaces au sein et n'ont besoin que de quelques minutes, d'autres aiment prendre leur temps.

 

Les poussées de croissance

La plupart des bébés ont, le plus souvent vers 3 semaines, 6 semaines, 3 mois…des poussées de croissance. Le bébé semble alors insatisfait pendant les tétées, « réclame » plus tôt que les jours précédents, les mères peuvent avoir le sentiment de ne plus avoir de lait. En fait, ce sont les besoins du bébé qui augmentent.

En tétant plus souvent que d’habitude, et le bébé peut demander à téter toutes les heures pendant quelques jours, le bébé stimule les seins qui vont produire plus de lait. Une fois la production de lait adaptée à son besoin, le bébé va reprendre un rythme de tétées plus espacé… jusqu’à la prochaine période de pointe !
Les poussées de croissance chez des jumeaux durent habituellement plus longtemps que pour un seul enfant.

 

Les coliques, les régurgitations, le reflux


*Les bébés allaités aussi peuvent souffrir de coliques. Les périodes de pleurs de votre bébé peuvent être très éprouvantes, il faut parfois s’armer de patience et trouver du soutien ! Très souvent, les bébés seront consolés par une tétée supplémentaire, mais portage, promenades et autres chansons peuvent s’avérer très utiles !

*La plupart des bébés régurgitent, parfois de façon impressionnante. Les régurgitations sont un phénomène normal, et si le bébé va bien, qu’il prends du poids, il n’y a pas lieu de s’alarmer !

*Le reflux gastro-oesophagien est peu fréquent chez le bébé allaité ; le lait maternel prévient la survenue d’une oesophagite. Il existe des traitement médicamenteux et posturaux efficaces pour soigner le reflux ; les épaississants n'ont pas fait la preuve de leur efficacité pour les bébés allaités.

 

Diversification alimentaire

La plupart des bébés sont prêts à manger au milieu de leur première année et le lait maternel couvre tous les besoins de votre bébé au cours des 6 premiers mois. Certains enfants, par ailleurs en très bonne santé et avec une croissance et un développement tout à fait satisfaisants ne manifestent aucun intérêt pour la diversification avant 7, 8 ou 9 mois.

L’allaitement maternel peut être poursuivi jusqu’aux deux ans de l’enfant, et même au delà : les aliments solides complètent le lait maternel, et ne le remplacent pas.

L'OMS*, au niveau international, et l'ANAES* pour la France recommandent un allaitement exclusif jusqu'à 6 mois

*Organisation Mondiale de la Santé - Agence Nationale d'Accréditation en Santé,

 

Les autres besoins du bébé

L'allaitement ne sert pas seulement à nourrir le bébé, il aide à combler tous les besoins du bébé : besoin de succion, maternage, câlins, échanges de regards…

Si vous choisissez de donner une sucette à votre bébé :

l'usage d'une sucette peut nuire à la production de lait, notamment au début de l'allaitement ou pendant les poussées de croissance. D'une part parce que le bébé passe moins de temps à téter, d'autre part parce que certains bébés développent une confusion entre la succion au sein et au biberon ou avec une sucette. Quand cette confusion se produit, le bébé sait moins bien téter, peut s'énerver au sein et obtenir moins de lait, et la maman peut ressentir des douleurs aux mamelons.

  

Etre mère d’un enfant allaité

L'alimentation de la mère allaitante

Les « bons principes », en matière d’alimentation, sont les mêmes pour la mère allaitante que pour les autres personnes de la famille : une alimentation variée et équilibrée. Pas besoin de manger pour deux, mais plutôt de « bien » manger !
La principale difficulté est souvent d’ordre pratique : trouver le temps de faire les courses et la cuisine …
La plupart des mères qui allaitent peuvent manger tout ce qui leur plait sans que leur bébé ait de réactions particulières. S’il y a des antécédents d’allergie dans la famille, si le bébé présente lui-même des allergies, la mise en place d’un régime excluant l’aliment à risque est possible.

 

Allaiter discrètement

Quand leur bébé grandit, bien des mères éprouvent le besoin d’allaiter plus discrètement encore … c’est le plus souvent assez facile grâce à plusieurs semaines de pratique !
Certains vêtements (tee-shirt à relever, robe avec des ouvertures cachées…) et accessoires (foulard …) peuvent vous être utiles.
Les mères qui allaitent un bambin trouvent souvent pratique d’utiliser un « mot de passe » pour parler des tétées ; d’autres mères passent un accord avec leur enfant :la tétée n’est pas possible « partout et n’importe quand ».

 

Difficultés courantes (fatigue, mastites, candidose, maladies …)

Les premières semaines d’allaitement constituent une période d’apprentissage : plus le temps passe plus l’allaitement devient « facile » et gratifiant ! De petites difficultés peuvent être rencontrées, et des informations appropriées permettront de surmonter rapidement ces petits tracas.
être maman d’un bébé curieux ou autre bambin dynamique, éventuellement de plusieurs enfants, s’occuper du quotidien à la maison, exercer une ou plusieurs activités … les périodes de fatigue n’ont rien d’étonnant !

Les mastites surviennent parfois dans un contexte de fatigue (mais les causes possibles sont nombreuses). Repos et tétées fréquentes sont à la base du traitement et indispensables pour éviter des complications.
autre difficulté relativement courante : la candidose. Le seul symptôme peut être la douleur ressentie par la maman. Le plus souvent, un traitement local suffit, mais il doit être suivi même après disparition des symptômes et le bébé doit être traité en même temps que sa maman.
En cas de maladie chez la maman, l’arrêt de l’allaitement est TRES RAREMENT nécessaire. La plupart des traitements sont compatibles avec l’allaitement, et il est exceptionnel de devoir suspendre l’allaitement. On peut allaiter avec une grippe, une gastro, une angine … on peut prendre un antibiotique, soigner ses dents…

 

Sexualité et allaitement

L’allaitement a moins de conséquences sur la sexualité que la maternité elle-même ! Le climat hormonal de l'allaitement est plus favorable aux relations d'attachement qu’à l’épanouissement de votre libido ! (de plus, un niveau plus bas du taux d’oestrogènes peut entraîner une sécheresse vaginale qui peut se relever gênante pendant les rapports)

Certaines mères ressentent moins de désir sexuel après la naissance de leur bébé, mais la façon dont s'est passé l'accouchement joue aussi un rôle
Rassurez-vous ! Un retour à une sexualité de plus en plus épanouie va s’opérer dans les semaines qui viennent. Peu à peu, la tendresse maintenue avec votre compagnon se changera en gestes de plus en plus sensuels et appréciés, jusqu’au retour de votre libido, intacte.

 

Contraception et allaitement

Pendant l'allaitement, les méthodes de contraception les plus "sûres" sont les méthodes locales : préservatif, spermicides, diaphragme... La MAMA (Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée) est reconnue comme une méthode contraceptive sous 3 conditions "officielles" : allaitement exclusif ou quasi exclusif, absence de retour de couches, enfant âgé de moins de 6 mois. Si ces 3 conditions sont respectées, le risque de grossesse est de 0,5 à 2%.

La contraception hormonale (pilule) progestative est considérée comme compatible avec l'allaitement. Il est déconseillé de débuter une contraception de ce genre avant 4 à 6 semaines. Chez certaines mères (il n'y a pas encore eu d'études pour savoir quelles étaient leurs caractéristiques), ce type de pilule peut, même quand on commence à les prendre après 4 à 6 semaines, induire une baisse de la lactation. Un stérilet peut être posé avant le retour de couches (là encore, il est préférable d'attendre environ 6 semaines après l'accouchement afin que l'utérus se "remette "en place).

 

Retour de couches

Chez certaines femmes, on observe ce qu'on appelle un "saignement des 6 semaines" différent du retour de couche. Il est exceptionnel de voir survenir le retour de couches avant 10 à 12 semaines chez une mère qui allaite exclusivement.
La durée de l’amenorrhée lactationelle dépend des femmes. Certaines femmes ont un retour très tôt malgré un allaitement exclusif, d’autres n'ont leur retour de couches que plusieurs semaines après avoir totalement arrêté l'allaitement.
D'importantes perturbations du cycle peuvent persister même après le retour de couches si l'enfant tète encore souvent (cycles irréguliers par exemple).

L'allaitement peut parfaitement se poursuivre après le retour de couches. Il peut y avoir des modifications de la sécrétion lactée (baisse à certains moments du cycle, les périodes les plus souvent en cause étant le moment de l'ovulation et le moment des règles, suivant les femmes), et une modification de la sensibilité des seins, mais votre lait restera toujours le meilleur choix pour votre bébé !

 

Reprise d’une activité professionnelle

Allaiter et retravailler, c’est possible et c’est même ce que vivent de plus en plus de femmes !
Si votre bébé est petit et si votre absence est assez longue, vous aurez peut être besoin de tirer votre lait pour maintenir votre lactation ; de nombreuses mères arrivent à nourrir leur bébé avec 100 % de lait maternel malgré une reprise précoce de leur travail. La loi prévoit des pauses allaitement (que vous pouvez notamment utiliser pour tirer votre lait).
Si vous reprenez une activité avec un bébé plus âgé, ou si votre absence est de courte durée, l'expression de votre lait pourra ne pas être nécessaire.
Dans tous les cas, votre bébé pourra téter " à plein temps " quand vous serez ensemble.

 

Tirer son lait, le conserver

Bien des mères trouvent utile d’avoir des réserves de lait maternel : pour une sortie occasionnelle ou pour un usage régulier si la maman exerce une activité. Les mères qui souhaitent constituer de telles réserves peuvent tirer leur lait, soit à l’aide d’un tire lait (manuel, à pile ou électrique), soit en l’exprimant manuellement. Attention ! les débuts peuvent être peu encourageants (les premières séances peuvent laisser croire – à tort – que l’on a pas beaucoup de lait )… tirer son lait demande un « coup de main » qui s’acquiert assez rapidement.
Au frigo ou au congélateur, le lait maternel se conserve très bien (se reporter au dossier thématique « conservation du lait maternel » ).

 

L’arrêt de l’allaitement

L'allaitement et le sevrage, sont une «histoire à deux».Leur déroulement et fin se passeront selon ce qui convient à la maman et à son bébé.

En simplifiant à extrême, on pourrait dire que deux types de sevrages sont possible :
- le sevrage avec un bébé, si votre projet est d’allaiter de quelques jours ou quelques semaines, il faut remplacer votre lait par un lait industriel pour bébé
- le sevrage naturel si vous souhaitez vivre un allaitement long (nombreuses sont les mères qui prolongent leur allaitement au delà des quelques premiers mois prévus, parce que l'allaitement leur plait) .
Entre les deux, autant d’alternatives que de couples « maman-bébé ».

  

 


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